Quel avenir pour les STAPS de Limoges ?
Quel avenir pour les STAPS de Limoges ?
Le SNEP-FSU a alerté les ministères de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche depuis plusieurs mois, mais nos avertissements sont restés sans réponse à ce jour.
Les chiffres pour mieux comprendre :
Suite à la publication des résultats de l’admissibilité du CAPEPS L3 2026, seulement 765 candidat·es iront aux oraux pour 475 places. Dans un concours au nombre de postes déjà trop faible, le ministère trouve encore nécessaire de faire des économies sur le coût du concours. Ce faible ratio admissible sur admis (1.6) coupe les chances de nombreux étudiants. Pour comparaison, le CAPEPS était régulièrement à un ratio de 2 admissibles pour 1 poste il y a encore quelques années.
Au plan national, sur les 765 candidats admissibles au CAPEPS rénové de cette année, 226 sont inscrits en L3. Comme nous le disions, les conditions de formation, de préparation au concours, de recrutement et les possibilités de poursuite d’études de la cohorte 25-26 de L3 EM font de celle-ci une cohorte sacrifiée. Nous portons l’attention des pouvoirs publics depuis des mois sur les impensés de la réforme et sur la spécificité des STAPS dans celle-ci : flux important d’étudiants L3, attractivité du professorat d’EPS et absence de débouchés notables hors master MEEF.
Au regard du ratio du concours, il est attendu environ 140 lauréats parmi la cohorte L3 à l’échelle nationale. 4 800 candidats, inscrits en L3 et M1 très majoritairement, ont composé les 2 écrits. 5 à 6 000 étudiants suivent une licence Éducation Motricité chaque année. Est-ce qu’on saisit l’ampleur de la vague d’étudiants sans proposition de poursuites d’études à l’université, pour l’an prochain ? Pour cibler sur l’académie de Limoges, sur les 49 étudiant·es en L3 EM, seul·es 4 sont admissibles !
Le déroulé des concours et de l’année universitaire ont démontré que l’ensemble de nos alertes étaient justes mais les décideur·ses politiques des ministères de l’Enseignement supérieur et de la recherche (MESR) ou de l’Éducation Nationale (EN), ministres en premier lieu, sont restés sourds.
Aux ministères, nous disons qu’il n’est pas trop tard pour « limiter les dégâts » !
Trois points retiennent notre attention :
Þ L’avenir des non-lauréats
Les masters SPES et STAPS n’absorberont pas ces milliers d’étudiant·es non-lauréat-es ! Les INSPE ayant choisi d’accueillir les non-lauréats ne proposent que peu de places à ce jour (sur l’académie de Limoges, seulement 5). Il est encore temps d’augmenter ces places dans la phase complémentaire de MonMaster. Beaucoup d’INSPE ont même choisi de ne pas accueillir de non-lauréats, avec l’approbation du ministre de l’ESR, notamment dans les territoires géographiques identifiés comme en grande tension (Rennes – Nantes – Caen ; Grenoble – Lyon ; Hauts de France). Les dispositifs de préparation au concours ouverts aux non-lauréats titulaires d’une licence sont très légers, insuffisants dans nombre d’universités sans moyens et prises dans des plans de redressement financier.
Le ministère de l’enseignement supérieur ne peut pas se soustraire à ses missions de service public inscrites dans la loi, que sont le droit à la poursuite d’études et l’accompagnement à la réussite ! Il doit passer les consignes aux Universités d’accepter des non-lauréats et doit donner les moyens nécessaires.
Þ Les fermetures de sites de formation
140 étudiant·es lauréat·es en M1 M2E réparti·es dans une trentaine d’académies et issu·es d’une cinquantaine de STAPS. Qui peut croire que le ministère à la recherche de la moindre économie va maintenir des formations sur tout le territoire pour 3 à 5 étudiant·es par site ? C’est bien pourtant ce qu’il doit faire, il doit assumer les conséquences de sa réforme. Dans une réforme faite au nom de l’attractivité, les lauréat·es agé·es de 21- 22 ans ne peuvent subir un mouvement de mutation tardif et inconnu, tout comme les formateurs et formatrices ne peuvent être les victimes de fermetures de site décidées sur un coin de table fin juillet.
Þ La privatisation
L’absence de débouchés pour les non-lauréats·e ouvrent encore plus la voix à la création de très nombreuses formations privées. Les instituts de formation privés s’engouffrent dans la création de masters payants ouverts aux non-lauréats dans le premier comme dans le second degré. On voit aussi fleurir des officines de formation privées sur le net, en visio, proposant des forfaits de correction de copies… Les formations privées à 6000€ fleurissent, contre un coût d’inscription de 250 € en Master M2E, barrant ainsi toute mixité sociale. Un grand n’importe quoi dans lequel les étudiants vont s’engager parce que le public faillit dans ses missions d’accompagnement à la réussite et de droit à la poursuite d’études.
Au final, l’avenir des flux d’étudiant·es vers les STAPS est posé ainsi qu’entre les mentions. À cause de cette réforme à la hussarde, l’attractivité forte de la mention EM pour le professorat d’EPS risque d’être battue en brèche. Il n’est pas question d’y voir ici la régulation des flux vers une filière pour laquelle il y avait trop d’étudiants. Ces 5 dernières années, entre 3300 et 3500 candidat·es se présentaient au CAPEPS, pour 645 à 684 postes, soit un des ratios candidat·es / postes les plus importants des concours d’enseignement. Mais ces évolutions des STAPS sont à mettre en perspective avec la volonté gouvernementale globale de limiter l’accès au niveau master et plus largement, de démassifier l’accès à l’enseignement supérieur… Avec en arrière-plan le délabrement avancé et constant des conditions de travail et d’étude par manque de moyens.
Et maintenant, que faire ?
Le SNEP-FSU intervient au niveau national auprès des deux ministères concernés pour tenter de faire bouger les choses. Au niveau académique, le SNEP-FSU Limoges a demandé des audiences à la Rectrice de Limoges (chancelière des universités), toujours sans réponse à ce jour, et au Président de l’Université (Cf article ci-après), après avoir relancé en faisant une demande commune avec le STAPS et l’INSPE.
Nous avons rencontré deux étudiant·es de L2 le mardi 2 juin, afin d’envisager ensemble les suites que l’on pourrait donner pour avancer. Il a été décidé :
Þ De transmettre cette explication succincte à tou·tes les étudiant·es STAPS concerné·es (licence EM 1/2/3)
Þ De lancer une pétition académique pour réclamer davantage de places pour les non-lauréat-es.
Signez la pétition ! Partagez-la ! https://c.org/yxChPfhxqV
Þ De rencontrer en septembre les étudiant·es de licence EM pour évoquer le sujet, voir les avancées éventuellement obtenues d’ici là et décider d’actions à mettre en place pour faire évoluer la situation.

